Looping


 
 

Tout commence par une épreuve imposée, celle de la solitude. Cette solitude, idée vertébrale de toute recherche, trouve sa forme en l’ombre figurée d’une échelle de bibliothèque. Une forme discursive qui traverse ou transverse ici le mouvement qui va du huis clos au grand huit. Un cheminement où il faut prendre en compte la dimension aléatoire de la destination car, l’impression d’aller quelque part est la première épaisseur de l’œuvre.

D’un tracé déroulé, les lignes noires en adhésif embarquent le spectateur. Exerçant ainsi un déplacement du regard à travers le double mouvement de l’œuvre, de l’ascendant symbolique au descendant pragmatique. C’est dans ce balancement que se forment les boucles du looping. Et l’on reste avec cette impression d’aller quelque part, et de s’y perdre. On est forcé d’entrer dans ce manège mental, d’entamer un travail sur le rythme des aléas. On s’y perd, mais la forme y conquiert son autonomie par un saut qualitatif, celui du jeu extérieur-intérieur, d’un va-et-vient entre espace physique et espace mental. 

Laura Pérez Garcia